
Dakar
31/12/25: Après un taxi qui ne vient pas à 5h du mat', après avoir été sauvé par un Uber réservé en catastrophe de mon trottoir, le voyage se passe sans encombre mais me semble, bien long comme d'habitude.
Le hall de l'immigration à Dakar est un bazar sans nom! Avec de la patience, j'ai mon tampon. Le hall des bagages est tout aussi impressionnant de désorganisation mais, coup de chance, je récupère mon sac rapidement. Cette fois, le chauffeur est là.
Il fait 26° à 19h.
L'aéroport est à 61 kms, il faut au minima 1h pour rejoindre la ville. Lorsque l'on quitte l'autoroute, le dépaysement est brutal. ça grouille de partout: vendeurs à la sauvette aux carrefours, piétons, voitures, stands de vente et j'en passe...La rue de mon hébergement est calme, pas vraiment la maison. ça rentre, ça sort, je ne sais qui est qui! Je finis par tomber sur la maitresse de maison, charmante.
Mon studio est grand, sans charme mais avec tout ce qu'il faut, même l'eau chaude.
Je grignote 3 nems et un bissap qui me sont offerts, sur la terrasse dominant les toits.
Et je tente de dormir au milieu des pétards du 31 décembre...
1er Janvier 2026: Bien trop courte mais j'ai vécu pire pour une 1ere nuit. Petit déj' sur la terrasse, pas extraordinaire mais j'ai faim!
Ici, le gros plus est l'accueil et c'est propre. Idéal pour une 1ere journée d'adaptation
Grâce à la maitresse de maison, je fais du change à un super taux et à 2 pas de la maison.
Hier, j'ai trouvé le dépaysement brutal et me suis dis " comment vais-je m'en sortir?! Je vieillis!". La journée d'adaptation est maintenant nécessaire et utile.
Je pars direction le terminal de bus" Dem Dikk" pour achat du billet de demain. Malgré ma 1ere impression, avec mon appli sans connexion, je m'en sors très bien pour me diriger et suis vite à l'aise.
Dès que l'on quitte les rues principales, il n'y a plus du tout de goudron mais du sable. Comme il y a 16 ans...
Partout où je vais dormir, c'est très propre, les femmes passent leur temps à nettoyer mais les rues sont jonchées d'immondices et surtout du plastique. Plaie international!
Je vois à plusieurs reprises des femmes aller chercher de l'eau à un robinet dans la rue, de gros bidons qu'elles portent sur la tête. Y aurait-il des logements sans eau courante?
Au retour, je tombe sur des charettes à chevaux qui sont les éboueurs. Ils se signalent et les gens sortent des bâtiments,pour donner leurs déchets. On m'explique que c'est lorsque les camions ne peuvent pas passer dans les quartiers soit trop de sable, soit rues trop étroites.
Le terminal de bus n'est pas trop cahotique. Au début je tombe sur une femme désagréable qui me dit juste que le seul bus du lendemain est complet. Puis sur une autre plus sympa et qui m'aide. En fin de compte, je ne comprends pas tout mais j'ai un billet pour le trajet qui était complet!
Anecdote du jour:Autant je ne me suis pas perdue ni à l'aller ni au retour, autant arrivée dans mon quartier je galère et suis incapable de trouver la rue et l'immeuble. Il n'y a ni nom ni numéro de rues. Et ça dure! Un monsieur adorable téléphone à ma logeuse, m'accompagne et en fin de compte, elle sortira pour me trouver!
Je mange un maffé qui me déçoit mais la madame est tellement gentille que cela fait plaisir de lui donner mes sous.
Ngaparou (Petite côte)
02 Janv: Une 1ere voiture prise par l'application "yango" ( équivalent Uber) puis 1h de bus me dépose au "croisement Saly". De nouveau, une voiture avec une petite négo tarif, aidée par des locaux et j'arrive à Ngaparou, sur la petite côte. Je m'installe au café recommandé par ma nouvelle logeuse. Le positif: un vrai café avec pain au chocolat et le wifi. C'est un café/restau à l'européenne. Le négatif: c'est cher et une clientèle européenne qui ne correspond pas à mes inspirations. Déjà, en voiture, à Saly, les ressorts, hôtels, les "blancs" sur des quads, des hommes de plus de 70 ans avec des jeunes, très jeunes, filles sénégalaises m'avaient frappé. ça sent "la colonisation moderne"! Beurk... Le genre de population qui me donne des hauts le coeur...
N. vient me chercher. Une jolie maison super bien décorée avec pleins de plantes. J'ai une grande chambre avec ventilo et salle de bain dans la pièce, eau chaude.
On papote en buvant une tisane, elle me donne adresses et différentes infos.
La maison est très bien située, hors de la grande route, dans un quartier bien local mais assez proche de tout.
Je vais déjeuner à une des adresses de N. mais...je retombe sur le même genre de lieu que le matin. Bon, le cadre est sympa, les tarifs corrects, ça va le faire pour cette fois. Service assez long mais l'attente est agréable en discutant à droite, à gauche.
Je prends ensuite mon 1er "clando" ( taxi non officiel), direction le "garage" ( gare routière) de M'Bour. Les "clandos" sont de vieilles voitures un peu en ruine qui s'arrêtent pour emmener dans les environs.ça ne coûte rien et on est entassé! Je mets un temps fou entre la cacophonie du trafic, les arrêts multiples de la voiture. J'ai la plus mauvaise place, coincée au milieu, il fait hyper chaud. Je n'en peux plus quand j'arrive!
En quelques minutes, j'ai mes infos pour aller à ma prochaine étape. ça risque d'être folklo. j'ai bien fais de me prévoir des distances assez courtes entre mes destinations.
Un peu compliqué mais je finis par trouver un supermarché avec l'aide des locaux.
Retour aussi long que l'aller avec deux voitures. J'ai fais ce que je voulais mais sans rien voir de M'Bour hors sa densité. Je n'y retournerai pas! Expérience africaine...
03 Janv: Après un café, je traverse le même genre de quartier que celui où je réside pour rejoindre la plage. Des rues de sable avec des maisons où au hasard, on est témoin de la vie africaine.
L'océan atlantique a quelques rouleaux, la plage est de sable, sans être paradisiaque mais que cela fait du bien d'être au bord de l'eau!
Lorsque j'arrive, deux jeunes sont dans l'eau entrain de laver......une chêvre! Le plus âgé m'explique que c'est parce qu'elle est un peu malade??!!
Je marche vers le sud, direction Saly.
Il y a de la vie sur cette plage. Elle est bordée de maisons de pêcheurs plus pauvres. Il y a beaucoup de pirogues. En venant ici, je suis tombée sur une charette de vendeur de gros poissons, des mulets je crois. Là, un pêcheur de sêches me dit que le résultat de sa nuit de travail est mauvais.
Plus loin, un groupe d'hommes répare des filets. Je m'arrête, on papote et hop me voilà à apprendre comment réparer. Bon, ok, le résultat est....catastrophique! Mais grosse partie de rigolade! Un super moment...
Quelques mètres plus loin, ce sont des femmes qui,devant leurs maisons, préparent des sandwichs à l'omelette, petit déj' répandu ici. Je leur demande un café touba que je paie 15centimes d'€. Un autre moment éphémère bien agréable avec les locaux.
Longue marche pour rejoindre un restaurant repéré. Il est en bord de mer et je déjeune sur la plage. Quelques gros rochers donnent un charme fou au lieu. Vraiment beau. Restau à l'européenne, je m'offre une brochette de lotte ( tarif incroyable par rapport à la France). C'est super bon.
Je galère un peu à faire du change. A priori, impossible à mes deux prochaines étapes, je préfère assurer mes arrières.
Après une mini pause à la maison, je me fais déposer à la Somone. Je prends un clando; je deviens spécialiste et bientôt aussi à l'aise que dans le métro!
De la Somone, je marche jusqu'au bout de la route pour arriver sur la lagune de la Somone. C'est une bande de grande dune ou plage avec à gauche la mer et sur la droite la lagune et la mangrove. C'est magnifique. Je n'ai pas besoin d'aller à la recherche d'infos, elles viennent à moi toutes seules. Le gars est sympa, on tombe d'accord puis on discute de choses diverses et variées. Chouette même si je sais bien qu'il y a le "business" derrière.
Je retourne à la Somone à pied puis clando pour finir jusqu'à la maison.
04 Janv: Je suis à la lagune assez tôt. Hors quelqes locaux, il n'y a personne. Idéal pour ce genre de balade. Le gars est là et m'offre un café touba, comme promis. On part. Le temps de voir déjà pas mal d'oiseaux dont aigrettes noires ou blanches, rapaces, pélicans, martin pêcheurs, hérons,d'autres dont j'ai oublié les noms et....nous tombons en panne de moteur! Le pauvre gars essaie de nous dégager de la mangrove et surtout d'atteindre un endroit moins profond mais rien n'y fait.
Moi, je suis toute seule sur mon bateau, sans bruit, au milieu d'un paysage de rêve à observer tout ces oiseaux en sirotant mon café. Pur bien être...
On finit par se faire tirer jusqu'au "baobab à voeux", un mini îlot plein de coquillages où trône un seul baobab nain, vieux de 2 siècles dit-on. Avec un autre batelier, ils arrivent à redémarrer pour que l'on rentre et change de bateau.
On repart ensuite.
Cette lagune ressemble à un immense lac, 700 hectares classés réserve naturelle. Et donc la mangrove qui me surprend. Celles déjà vues ailleurs avaient toujours beaucoup de bolongs, petits canaux bordés de palétuviers. Ici, nous ne passerons que par un seul de ces passages d'eau salée.
Je vois des pêcheurs, immergés jusqu'à la taille dans l'eau; ils lancent des filets puis les ramenent à la main pour voir si poissons il y a. Ne nous demandons pas pourquoi les africains ont de jolis bras musclés juste comme il faut....sourire...Il y a aussi des huitres sauvages sur les racines des palétuviers en grande quantité, ramassées par les femmes.
Chouette, avec la mésaventure de la panne, j'ai en fait eu 2h de balade. Vraiment à faire.
Retour en marchant à la Somone où je tente un petit marché artisanal. Mais les femmes m'alpaguent trop. ça me saoule et j'en repars bien vite.
Pause déjeuner chez N.
Longue promenade sur la plage à l'opposé d'hier. Moins d'activités mais dès que je me pose, un sénégalais vient me tenir compagnie. Quelques échanges et chacun reprend son après-midi. Sympa.
Je repère le café "Chez Atti" pour demain soir. Puis j'ai la chance qu'un couple me propose de me déposer à Ngaparou. Cool!
05 Janv: Ce matin, N. m'emmêne avec elle dans la brousse. Nous retrouvons un gars qui va lui faire un puit après le passage d'un puisatier, allons chercher du matériel de construction puis nous quittons la civilisation.
Piste et grande étendue sans rien outre des baobabs et quelques arbres. C'est beau. Il n'y a rien qu'un paysage typique africain. J'aime.
N. a un grand terrain au milieu de nul part où elle aimerait organiser des stages de yoga. Elle a commencé la construction d'un bâtiment de façon traditionnelle ( sacs de terre empilés pour l'isolation puis briques) mais elle a eu des déconvenues et hors le toit en paille, elle doit faire casser et refaire! Le sénégalais avec nous commence à creuser environ 6/8m pour trouver l'eau le lendemain. C'est super sympa d'être ici.
N. me dépose ensuite à une boutique qu'elle m'a conseillée. Déjeuner et longue pause à la maison.
De nouveau, café "Chez Atti", bar de plage: transat, écriture face à la mer. Puis des musiciens, rejoints plus tard par des danseurs, jouent de la percu et du djembé pendant 1h30 sur la plage, comme on me l'avait dit. La lumière changeante mais toujours incroyable, le cadre avec la mer qui, elle aussi, change de teinte, cette musique que j'adore, la complicité des gars entre eux et aussi avec moi, plus de 2h....totalement....hallucinant...pur bonheur...absolument inoubliable...
Dommage N. arrive lorsqu'ils ont fini; nous buvons un verre en discutant avant de rentrer
Joal Fadiouth (Sine Saloum)
06 Janv: Je trouve un clando avec un coffre pour mon gros sac qui me dépose au garage de M'Bour. La voiture est vraiment une ruine; le voyant "essence" est allumé en permanence, ceux des freins, de l'huile demandent en alternative de couper le moteur, les sièges arrières ne sont pas tenus et se baladent. Je me demande vraiment comment ça roule mais ça avance!!
Puis sans difficulté, un 11 places me dépose à Joal Fadiouth. La route est bitumée mais en très mauvais état. Le gars roule assez vite et plusieurs fois, je me dis que l'on va se coucher, mais non!
Enfin une dernière voiture dans le bourg. Ouf!
L'hôtel a des extérieurs agréables avec arbres et plantes, une piscine assez grande pour quelques brasses, un accueil extérieur avec abri comme l'espace repas et autour de tout cela, les chambres en bungalows. Au dessus du bar, une terrasse avec vue sur mer très sympa.
Ma chambre est grande, toute rose avec un toit de natte d'osier, un espace tout en pierre pour la salle de bain avec eau chaude. Le tout est un peu défréchi mais ça me va bien. C'est très familial, je pense que je vais me sentir à l'aise ici.
L'accueil est chaleureux. Possibilité de manger mais ce sont des plats français à des tarifs touristiques!
On m'indique une gargote pour manger avec les locaux. Lorsque j'y suis, j'ai un peu peur de l'hygiène. Mais j'y suis, j'y reste et je crois que si je veux manger africain, pas trop le choix.
Un plat unique, du "thibiu djeun", riz rouge pimenté, quelques légumes et du poisson. C'est bon. Je paie environ 1€60. Je remarque que la majorité des clients, souvent les enfants, viennent avec d'immenses plats et prennent à emporter. C'est en fait, l'équivalent des "maquis" que j'ai connu 15 ans en arrière.
Petite balade pour repérer les lieux. C'est très local. Uniquement des gargotes pour tout. Moins "moderne" que Ngaparou mais la population semble ne manquer de rien.
07 Janv: Je pars avec le guide de l'hôtel pour Ngueniene en taxi-brousse. J'ai de la chance, c'est ici qu'ont lieu les 2 grands marchés de la région et c'est le mercredi. On déambule longuement sur le marché traditionnel . Il est immense. Il y a de tout! Des légumes et des fruits, des plantes et poudres médicinales, poissons et viandes, vente de grigris, des réparateurs divers, des tissus, un peu d'artisanat, un stand de "recharges de téléphones" (!). C'est très diversifié, local, animé, plein de vie. J'achête 2 citrons verts, je bois un thé pas mauvais mais incroyablement sucré tout en écoutant les explications de B.
Puis à quelques mètres, un grand marché aux bestiaux. A priori, vendeurs et acheteurs viennent de partout, y compris des pays limitrophes. Le lieu semble connu. On commence par la partie des chêvres puis les ânes et enfin les zébus, du moins au plus onéreux. Cest assez impressionnant toutes ces bêtes sur le même terrain. Je ne sais combien de têtes mais il y en a...Au milieu de ce cheptel, des tas d'hommes dont je ne sais reconnaitre qui est vendeur qui est acheteur sans l'aide de B; qui, lui, y arrive sans soucis! De même pour les bêtes à vendre ou achetées. L'achat ne se fait pas en fonction du besoin mais des moyens financiers (hors le mouton de l'Aïd). Le plus abordable, chêvre et mouton, âne, cheval. B. me fait remarquer les grigris portés que moi, je prenais pour de jolis bijoux! Pas mal de tenues tradtionnelles aussi...
Tout cela est hyper interessant, assez atypique et spectaculaire à voir. Contente d'être venue et mieux avec un guide. Seule européenne, coté bestiaux seule femme, je n'aurai pas été à l'aise et je n'aurai pas tout compris sans explications.
Retour de la même façon que nous sommes venus.
En demandant une autre gargote pour manger comme hier au staff de mon hébergement, ils me proposent de mettre dans le pot commun et de déjeuner avec eux. Je passe un super moment et du coup, je traine beaucoup avec eux.
En soirée, balade à Joal.
08 Janv: Je pars à pied jusqu'au port de Joal, à un peu plus de 5kms. Je passe par le fleuve pour éviter la route goudronnée qui n'a aucun interêt. Le chemin que je prends n'en a pas beaucoup plus mais j'y vois la vie. Il n'y a pas ici de voiture, que des charettes à âne ou cheval. A Ngaparou, elles servent pour le transport des matériaux divers. Ici, elles transportent aussi les humains. Je pense que c'est un quartier en expansion; je vois pleins de maisons en cours de construction.
Puis j'arrive sur une plage qui sert de chantier naval des pirogues. Elles sont jolies, peintes de couleurs vives, plus grandes que celles de la petite côte. Je regarde l'une d'elle être sortie de l'eau. Plusieurs hommes, aux cris de l'un d'eux, poussent tous ensemble. ça semble très lourd. Lorsque le bateau est à moitié sorti, ils le font basculer sur des rondins jusqu'à ce que l'embarcation tombe sur le sable. Je reste un bon moment à observer toute l'activité ici.
Je me fais une pause café touba au milieu des gargotes.
J'avance un peu et....j'hallucine! Dans l'eau à mi-corps des dizaines d'hommes déchargent ces grandes pirogues. Sur un quai, une foule compacte, impressionante...assise, debout, regarde, vend, achète de poisson. Il y en a partout autant des hommes que le fruit de la pèche. Des tas de poissons sont à même le sol,d 'autres sur des baches, des femmes en vident. Il faut vraiment faire attention où l'on met les pieds. Totalement incroyable! Je n'en reviens pas! Sous une halle ouverte, des stands de nourriture et boissons puis encore des tas de poissons. Mais quelle quantité! Au fond de cet hangar, une série de camions chargent...du poisson! On me dit qu'ils livrent dans tout le pays et à l'export aussi.
Cet endroit est vraiment à voir, totalement incroyable!
Je rentre en clando.
Petit tour à la piscine de l'hôtel.
Je mange de nouveau avec le staff. Cette fois, c'est T., l'apprentie-cuisto qui prépare. Je suis ici comme à la maison; je me sens bien avec ces gens. Ce sont maintenant des copains.
Ils n'avalent dans ce pays que du riz et beaucoup de poisson, moins cher que la viande. Je mangerai de la lotte, du tilapia, de la carpe noire, des crevettes, du merex chair d'un coquillage ...Il y a aussi beaucoup d'huitres partout mais sur aucun étal... Côté légumes, ils se battent en duel au milieu du riz, carottes, choux, aubergines vertes amères, patates douces, manioc, piments, bissap ( les feuilles de l'hibiscus vert; les fleurs du rouge servent pour la boisson si j'ai bien tout compris), oignons. Le plat dégusté, le repas est fini.
Dans l'après midi, je vais à la mosquée mais elle est fermée. Puis je passe au cimetière musulman. Il ressemble à ceux que j'ai déjà vu. Pas de tombes, l'emplacement est parfois recouvert de coquillages. Il n'y a bien sûr aucune décoration, parfois un bout de bois ou une plaque en fer avec un nom, une date de naissance et/ou de décès. Pas d'allées, les tombes sont dans tout les sens et c'est parfois difficile de savoir où marcher.
A quelques pas de là, le cimetière catholique. Rien de particulier par rapport aux nôtres. La seule différence est que certaines pierres tombales sont hautes d'environ 1 mètre. Pourquoi, mystère.....L'église, de l'extérieur, comme toutes ici,n'a aucune architecture particulière. C'est un bâtiment "moderne" en briques sans clocher. A l'intérieur, c'est grand, très dénudé. Quelques peintures religieuses colorées, style réaliste bien africain. Bien moins triste et plus agréable à mon goût.
La religion dans le pays est discrète mais vraiment très présente. Je remarque, par rapport à ma 1ere venue en 2011, qu'il n'y a plus ou moins d'églises évangéliques ou genre témoins de Jehova. Islam et catholiscisme sont pratiqués en bonne intelligence. Les femmes musulmanes ont juste le voile, pas de tenues intégrales. Les mariages mixtes sont courants et lorsqu'il y a des enfants, ce sont eux qui en grandissant choisissent leur religion. Bel exemple de tolérance.
En me rendant à l'église, je passe devant un groupe assez important de femmes. Elles mangent dans la rue et m'expliquent qu'il y a eu un enterrement musulman, m'invitent à manger avec elles. Hic,j'ai déjeuné il y a peu. Mais je reste un moment et teste le couscous de mil. Moment spontané et sympa encore.
Soirée à discuter avec S. au bar de l'hôtel.
09 Janv :Je traine toute la matinée. Déjeuner avec l'équipe, offert aujourd'hui et toujours aussi agréable.
Je vais ensuite à pieds sur l'île aux coquillages, Fadiouth.
Ce n'est pas bien loin et déjà sur le chemin, les enfants viennent réclamer argent, bonbons, cadeaux. Au retour, ce sera plus insistant et quelque peu gênant. ça sent la zone touristique! Hors les enfants, nombreux, qui mendient dans les garages, les adultes sont vraiment exceptionnels. Pas de sdf. De façon générale, je suis tranquille de ce côté-là.
La presqu'île de Fadiouth est payante, avec guide. Après coup, je regrette, j'aurai dû payer et refuser le guide. Le mien n'est pas désagréable mais un peu trop fièr du lieu et trop orienté religion dans ses explications.
Le pont est en bois, reconstruit en 2006. L'environnement, la mangrove sont superbes. Je n'apprécie pas la rue principale, trop de stands de souvenirs et de femmes qui interpellent. L'île était un îlot, il y a des années. L'homme l'a agrandi avec des coquillages et un village s'est créé. Les rues sont donc uniquement de coquilles. Ici le catholicisme est majoritaire mais sur la même photo, on peut prendre l'église et la mosquée. Le village est plus joli que les autres mais je n'ai pas de coup de coeur. L'autre curiosité est que le cimetière a des tombes musulmanes et catholiques ensemble. La vue du lieu de repos, légèrement en hauteur est splendide. On y voit sur une île proche les greniers à céréales; ils ne servent plus mais sont restaurés chaque année. Le guide me fait ensuite passer par un coin plus local. Je traine un peu seule et retourne sous la halle des anciens voir de plus près "les tams-tams téléphone". Ici se passent les conseils des anciens lorsqu'il y a conflit ou décision à prendre.
Je repasse le pont, m'offre un bissap pour admirer le paysage et les oiseaux au calme avant le retour.
En soirée,T. m'accompagne acheter des fatayas au poisson, sortes de samoussa africain. Super bon, pas cher, je suis fan. Puis elle m'emmêne chez elle un petit moment pour demander à sa maman de me préparer du mbouraké, sorte de poudre de chapelure de pain, pâte d'arachide et sucre. Elle me le donne le lendemain.
Mar Lodj (Sine saloum)
10 Janv: Ce matin, un collectivo pour ma prochaine destination. Voyage de 2h, tranquille car je suis devant seule. La route est belle.
Arrivée à Ndangane, j'attends au minima 1h une pirogue sur un ponton très local. Je me demande bien comment je vais monter là dedans! Des bateaux arrivent, repartent et chaque fois, on me dit "attends". Pas la bonne destination.
Enfin arrive le mien. Au milieu des sacs de nourriture, de voyage, de ciment et autres, me voilà installée sur une planche de bois. Mon embarquement se passe bien grâce à la gentillesse des locaux qui prennent en charge mes affaires, me tendent la main et m'indiquent où poser les pieds.
Que j'aime ces gens! Si ouverts au contact (parfois même un peu trop, j'ai du mal à être seule et à faire ce que j'ai programmé), si serviables, si gentils. Bien sûr, quelques uns essaient ou profitent du coté "toubab" mais ce n'est pas la majorité.
30mn de pirogue à moteur et voilà un ponton encore plus rustique! Je n'aurais pas cru cela possible mais si!
Mon hébergement est à quelques minutes à pied. Nickel
Je suis donc à Mar Lodj, île du Sine Saloum; pas de voiture, électricité solaire.
Je dors chez un cuisnier de métier. C'est sommaire, local mais propre. Une grande chambre avec, chouette, encore un matelas dur. Elle donne sur la cour intérieure. Une petite salle de bain sommaire aussi, pas au max de la propreté mais correcte. Eau froide avec très petit débit et douche à l'africaine. Encore une fois,cela me va très bien.
Moment d'échange avec A.
Je vais me commander chez la voisine une assiette poisson/frites ( le plus mauvais rapport qualité/prix du voyage) et je vais faire un tour dans le petit village de Lothie.
Pour aller au boug, je traverse une zone désertique, le sol est blanc de sel. Celui-ci est apporté soit par le vent,soit par les grandes marées. Je ne me souviens pas avoir déjà vu ce type de paysage ailleurs...
Bien sûr tout n'est que sable. Pas de voiture donc, juste des charettes à cheval pour tout. Je verrai aussi des enfants monter à cru. La place principale a juste quelques boui-bouis et dans l'après midi, seul deux sont ouverts. Je ne trouve pas ce que je veux.
11 Janv: ce matin, je vais...à la messe mais...à la messe tam-tam qui a lieu le dimanche. L'église est vraiment celle que l'on voit dans les films sur l'Afrique. Grande, ronde, sobre à l'intérieur, pas de décoration, statues ou peintures bibliques. Elle est pleine de fidèles; ils sont tous endimanchés, les femmes en robe africaine colorée. Côté prêtre et homélie, c'est comme en France de peu d'expérience que j'ai et j'avoue que je décroche assez vite. Régulièrement, la messe est ponctuée de chants de l'ensemble des présents et donc certains accompagnés de tam-tams, parfois d'une guitare et d'un piano électrique. Je m'attendais à un peu plus de rythme mais c'est à voir.
Je pars avant la fin pour rejoindre S. P'tit punch, déjeuner de poisson sur un ponton, balade, baignade. Super après-midi,moments extras,inoubliables
12 janv: Je pars faire une balade en longeant l'eau. Très vite, comme d'hab', je suis abordée et nous marchons ensemble. Mon compagnon de marche ( dont j'ai oublié le prénom! Trop de rencontres éphémères!), après m'avoir fait une visite d'une maison incroyable, me parle de son projet de faire quelques cases pour des touristes. Du coup, il m'emmêne chez lui pour me montrer. Ce n'est qu'une bicoque en bambou sur un terrain sans eau ni électricité solaire. Il est sympa, je l'encourage mais il a du boulot!
Puis nous tombons par hasard sur des gars qui trient du mil. Ils mettent des fagots dans une machine alimentée à l'essence qui sépare les grains des branches.
Je retourne seule "chez Rasta" pour me baigner et déjeuner juste avec quelques locaux qui travaillent ici.
En fin d'après midi, je pars avec A. pour une longue balade en charette. On passe par les 3 villages de l'île: Mar fafako, Mar Soulou et donc Mar Lothie. On traverse aussi la brousse, des étendues désertiques proches de l'eau. C'est beau, très agréable mais tout de même un peu cher.
Cette île est vraiment un havre de paix de tranquilité. Les paysages d'eau avec en fond la mangrove sont très beaux. Je suis tranquille en ayant des contacts toujours faciles. Aucun bruit hors celui des charettes, des oiseaux et des grandes feuilles de cocotiers lorsqu'elles tombent. Vraiment satisfaite de m'être posée ici.
Transports & ferry
13 Janv: Départ de Mar Lodj
on me dit que la pirogue passe à 8h, ce sera 8h45.
1ere anecdote de la journée: on se fait arrêter par les gardes espagnols sur l'eau! Je les ai vu à l'arrivée sur le ponton de Ndangane. On m'a dit qu'ils surveillaient les eaux en cas de départ de clandestins. Là, le piroguier a une amende car nous n'avons pas de gilets de sauvetage! C'est un bateau public, je n'en ai pas vu un seul jusqu'à maintenant. Il est clair pour tous que c'est juste une envie de petit billet.
A l'arrivée à Ndangane, on me fait payer plus que le tarif normal pour me déposer au TER de Dakar. On attend un très long moment que le 11 places soit plein. Voyage difficile; je suis compressée par une dame. Heureusement, j'ai pu éviter la place du milieu.
2eme anecdote: Après un peu plus de 2h de trajet, le chauffeur me dépose à une station essence. Et là...en vérifiant sur mapme, surprise....je suis à 7kms du TER! Je râle, le gars s'en fiche, descend mon sac du toit et hop, repart!! Je bouillonne. Je me suis clairement fais avoir! Les taxis me tombent dessus et me demandent cher pour ce mini trajet. Je suis très énervée. Je traverse la route pour m'éloigner et me calmer. Une dame tente de m'aider.
Et...3eme anecdote...Un gars sénégalais à pied percute une moto, vole en l'air, se retrouve au sol, complêtement sonné! Le tout à mes pieds! Il ne semble pas me comprendre. Ouf! Des passants le prennent en charge. Quelle journée!
Je vais à un rond point à quelques mètres. On m'aide à trouver un clando. Enfin, dans cette dernière voiture, on m'emmêne au bon endroit. Une autre cliente du clando prend le train avec moi et me partage même sa connexion internet.
Le TER que je pensais être un train est une copie conforme de notre RER. Il y en a chaque 10mns, moderne, propre, rapide. Impeccable. Vraiment bien et pratique.
De plus, j'arrive juste au port de ferry de Dakar. Je vais repérer les lieux, me renseigner sur le fonnctionnement puis ressors de l'enceinte.
4eme anecdote de fou! Un monsieur m'aborde, dit me connaitre. On discute...C'est un des mauritaniens avec qui je suis partie marcher dans le désert, il y a ....19 ans!!!
La descente en Casamance avec le ferry se passe sans encombre. J'ai une cabine de 2 où une sénégalaise me rejoindra, un lit, une petite salle de bain avec eau chaude (si si!), le petit déjeuner inclu avec nutella (si si!)
Le temps passe entre bavardages, tentative de sommeil, admiration du paysage. Je retrouve L. et L. qu m'avaient contacté via un groupe FB. C'est, et elles, sont supers sympas!
Ziguinchor (Casamance)
14 Janv: A partir de Zinguinchor , je n'écris plus par manque de temps!. Tout ce qui suit est noté de mémoire une fos rentrée...
Nous arrivons à 11h comme prévu. Ayant mon sac, la descente est rapide.
Mon hébergement est en pleine ville, tout proche de l'embarcadère. Je suis dans un Airbnb mais l'hôte n'est pas là pendant mon séjour. Je serai donc avec la famille. Ma chambre, une pièce accolée à la maison, est petite mais propre avec une bouilloire, ce qui est fort bien pour mon petit déj'. Mini salle de bain avec eau froide. La configuration de la pièce donne une indépendance. C'est parfait.
Le monsieur qui m'accueille m'accompagne faire du change, acheter de la boisson. Puis je mange une assiette à quelques mètres de ma chambre.Il y a une sorte de bar, la proprio accepte de cuisiner pour moi.
En fin d'après midi, toujours dans ce bar, elle projette la demie-finale de la Can ( Coupe d'Afrique des Nations). Du coup, cela s'anime tant que je finis devant la télé! Grosse liesse lorsqu'ils finissent par gagner. Et là des gars présents, sans trop me laisser le choix mais dans une grande joie, m'entrainent avec eux pour aller au "rond point". Plus on avance vers le but, plus il y a du monde. A ce fameux rond-point, lieu des rassemblements, beaucoup de gens dans l'euphorie. Mais à mon goût, peu d'interêt. C'est un supplice pour les oreilles car en fait juste un grand nombre de motos pétarandantes, les enfants qui leur courent après ( limite dangereux même), pétards, feux d'artifice. Les deux gars qui sont avec moi, sont adorables. Au retour, c'est vraiment une foule très compacte et ils sont très protecteurs vis à vis de moi. Pas un moment de ouf mais interessant à voir et contente de partager cela avec ces gens. Le foot ici est une 4eme religion!
15 Janv: Je pars prendre des infos dans un hôtel pour profiter de la piscine. Le cadre est assez idyllique, le bassin avec vue sur le fleuve Casamance, l'établlissement avec peu de monde, un joli jardin et un tarif correct. Je décide de venir demain.
Juste à côté, un autre hôtel me permet de boire un café au bord de l'eau. Moment à écrire, profiter de la vue, de mon bien-être en voyage...
Il fait chaud, très chaud. Aussi je rentre à mon hébergement pour une pause
A la maison, il y a beaucoup de femmes et je suis bien incapable de dire qui est qui! Elles sont toutes adorables. Elles me proposent de déjeuner avec elles. Génial! Comme à Fadiouth, pas avant 15h...Je reste un temps à regarder leurs activités, à discuter.
Un grand plat......de riz avec du poisson, une cuillère et......bon ap'...Certaines d'entre elles mangent juste à côté de nous. Lorsque je m'étonne de cela, on m'explique qu'une femme n'a pas le "droit" de manger avec sa belle-mère.
Après ma pause, je vais à la découverte des monuments coloniaux. Déjà ce matin, sur la route longeant la Casamance, j'en ai vu quelques uns. La ville a été fondée en 1645 par les portugais; les français arrivent en 1836. L'indépendance du pays date d'Avril 1960. Le conseil régional d'aujourd'hui, qui abrite aussi l'office de tourisme, a été construit par les portugais et a toujours été un bâtiment administtratif. Puis direction la poste ancien édifice aussi et enfin la cathédrale de Saint Antoine de Padoue, édifiée en 1921 et, elle aussi, classée. Il faut savoir que c'est une cathédrale! Grande, sobre comme toujours mais rien de bien particulier.
Je termine la journée en passant à un supermarché un peu excentré.
16Janv: Grosse matinée à la piscine donc. ça fait du bien de ne rien faire de temps en temps.
Nous sommes vendredi, jour de la grande prière et je le ressens bien en voulant vers 13h30 me trouver un endroit pour grignoter. Tout est fermé! Coup de chance, au moment où je me résigne, je trouve des fatayas. Impeccable.
Retour à ma chambre pour pause due à la chaleur.
Dans l'après-midi, je pars pour une bonne marche jusqu'à l'alliance française où les gars de la demie-finale m'ont donné rendez-vous pour une séance de djembé. L'alliance est un parc avec tables où ce jour là pas mal d'étudiants travaillent, discutent. J'attends un long moment en écrivant mais personne ne vient!
Si, sur le coup je suis déçue, je me console sur le chemin du retour. En effet,je passe par le marché Boucotte, appelé aussi marché de Saint Maur. Il est impressionant. Immense, ça grouille de partout! A voir.
Plus loin, je tombe sur un groupe d'hommes jouants aux dames. Ils m'invitent à m'asseoir avec eux. Tous ne parlent pas français mais cela n'empêche en rien la connivence. Les sourires parlent d'eux même...
Diembering (Casamance)
17 Janv: Début de turista ce matin après mon petit déj'. Bien patraque, Isa! C'est de ma faute! Hier, j'ai acheté dans la rue une mini bouteille d'eau citronnée; j'ai fais confiance à la dame. Je n'en ai bu qu'une petite gorgée. Ayant des doutes, tout est parti dans l'évier. Trop tard...
Une des femmes de la maison m'aide pour un clando. Celui-ci me dépose au garage de Ziguinchor.Il est grand. Pas en forme, je vais visiter les toilettes.Ourps...folklo... Je laisse passer un 11 places afin d'avoir une place devant, indispensable aujourd'hui. Imodium, vitamine aident à ce que le trajet se passe bien. J'arrive à Cap Skiring pour prendre une dernière voiture.
Diembering, à 30mn de clando, est un village tout proche de l'Océan Atlantique. Du rond point, la maison d'Akiba (ou René) est à 5mn de marche. Enorme coup de coeur pour la maison. Le jardin est dense, superbe avec un terrasse, une petite piscine. Génial. La maison a une décoration très belle avec plein d'artisanat africain. J'adore! Ma chambre est grande, a une petite terrasse commune avec la pièce d'à côté mais j'en profiterai seule. Salle de bain avec eau chaude. Le tout est très propre. Un de mes meilleurs hébergements. Et petit plus, le matin tôt ou le soir, j'entendrai les oiseaux et l'océan uniquement. Le pied total!
Après échange d'infos avec le proprio des lieux, je retourne au rond point pour faire du change improbable mais bien réel et quelques achats.
Je déjeune avant dehors dans un jardin, au calme. Le soir exceptionnellement j'y retourne car il y a ....de la biche! Je n'en ai pas mangé depuis des années et je me régale.
18 Janv: Départ avec un couple de français avec qui je partage les frais d'une visite. Tout ce qui est "organisé", est,, cumulé, assez onéreux pour mon budget (entre 15 & 30€ à chaque fois) Nous allons donc en taxi au musée de Kadiout. Très vite, c'est de la piste mais le chemin est agréable. Nous arrivons en pleine forêt, là où se trouve l'éco-musée. Un homme de l'ethnie diola nous accueille. Pendant 1h, avec d'autres touristes et dans la bonne humeur ce monsieur nous parle du mode de vie de cette ethnie, de ses croyances, de l'animisme. Je n'apprends rien de parrticulier mais cela me rafraichit la mémoire.Le moment est agréable. Les arbres sont incroyables,beaux, énormes.
De retour au village, je change de restau pour déjeuner. Sympa, moins cher, correct.
Puis direction Cap Skiring. Après une rencontre avec un artiste recommandé par mon hôte et à qui je commande un cadeau, je marche jusqu'à la plage. Je trouve les traditionnelles pirogues et l'activité peche qui va avec.
En m'éloignant, je tombe, assis seul sur un rocher, sur un joueur de "Kora" ( moitié luth,moitié harpe). Je reste avec cette personne pendant 1h à l'écouter,à échanger un peu. Bien-être à profiter de cette douce musique en regardant la mer...
Achat de vraies viennoiseries et retour en clando
En soirée, je retourne au rond point. Là trone un immense,majestueux, impressionnant, incroyable fromager. Cet arbre est... whaouuu...Le soir, il est éclairé par des guirlandes lumineuses.Sympa.
Ce soir, c'est la finale de la CAN! Rendez-vous incontournable, tout le monde est là! Pour un petit village, c'est bien organisé. Je suis surprise. Ils ont coupé la route venant du Cap, installé chaises et deux immenses télévisions.
Je m'installe au café/restaurant où je suis déjà allée, avec des locaux ( je suis maintenant bien connue et reconnue à Diembering), le proprio de mon hébergement, quelques toubabs. L'ambiance est très bon enfant. On boit un verre, on grignote des fatayas. J'ai un gros coup de coeur pour Diembering et ses habitants. Je m'y sens super bien.
Et.....après péripéties....le Sénégal gagne! Là, la folie: danse, musique, embrassades, djembé (déjà sorti pendant le match) Fête à l'africaine. Bien mieux qu'à la demie-finale! C'est extra génial. Authentique! Je profite à fond de ce moment..
19 Janv: Je vais à la plage en passant par les rizières. Dommage, le riz est récolté mais le paysage est tout de même totalement à mon goût. En pleine nature, les zébus, les oiseaux m'accompagnent. Et soudain, au détour d'un buisson, un cocotier, une balançoire en bois,une bicoque/bar et l'océan. Magnifique vision.. Gros coup de coeur pour cette plage! Elle est déserte, immense, propre.
Je me pose boire un bissap puis ça ne loupe pas...marche sur la plage avec un sénégalais. Il me propose d'aller voir le chantier d'un futur campement. Si, moi,je ne suis pas plus enthousiaste que ça, lui semble l'être et je n'ose le décevoir. Quelques mots avec les ouvriers puis le responsable me montre le bungalow finalisé. Nous discutons arts africains. Et le chef de chantier m'offre une statuette africaine! Me voilà toute émue...Je ne connais même pas le prénom de ce monsieur, nous avons échangé 5mn. Quelle spontanéité dans la gentillesse!
Je profite ensuite de la piscine de mon hébergement.
Balade dans le village. Il n'y a rien mais c'est tranquille, authentique, local. J'aime. Je monte sur une grosse dune dont on m'a parlé, recouverte de fromagers. En effet, on domine tout le village. Jolie vue.
Je finis la journée en retournant à la plage. J'ai RDV avec une jeune musicienne rencontrée hier. Hic, arrivée au bar, le djembé a un nid de guêpes à l'intérieur. Qu'à cela ne tienne, le patron part chercher un insecticide et reviendra avec en sus un 2eme instrument.
Mer, couché de soleil, quelques sénégalais, un feu de camp, musique live et un grand verre de ti'punch...que demander de plus pour une soirée idylique et inoubliable....
20 Janv: De nouveau, départ avec le couple de lyonnais. Cette fois, nous roulons en taxi 1h pour rejoindre un embarcadère; soit c'est de la piste, soit la route est en piteux état. Nous prenons une pirogue avec un batelier et un guide. Longue promenade en bateau dans un paysage de toute beauté à travers les bolongs. Ils sont, comme sur la petite côte, très larges et bordés de palétuviers. Il y a des oiseaux en moins grande quantité et moins d'espèces diverses que sur la lagune de la Somone. L'embarcation n'est pas bien confortable au bout d'un moment et, dommage, il y a le moteur. Mais ces détails ne gachent pas le plaisir. Nous accostons sur l'île de Sifoca, entre les bolongs. Petite île très locale, sans un seul "blanc".
Marche qui nous fait arriver à un hameau. On s'arrête pour visiter une miellerie. 2 pièces où un habitant nous parle du miel artisanal avec possibilité d'en acheter. C'est rapide, rien d'extra mais d'une part, cela a le mérite d'exister et d'autre part, c'est chouette qu'ils gardent et partagent les traditions.Le hameau est on ne peut plus africain; quelques maisons, en son centre un emplacementt avec les instruments pour le conseil des anciens.
Il y a une pompe où une femme prend de l'eau à la force de ses bras puis repart ses récipients en équilibre sur la tête. On nous explique qu'avec beaucoup de patience et de difficultés, ils ont réussi à faire acheminer l'eau jusqu'ici depuis 1 ou 2 ans. Seulement une panne depuis quelques temps et aucune idée du délai de réparation. Les habitants sont donc revenus à l'ancienne méthode.
C'est assez incroyable. Partout il y a de l'eau dans ce pays mais non consommable car saumâtre. Le gros, très gros problème est son acheminement, la qualité du matériel et des installations lorsqu'il y en a !!....
On reprend notre marche au milieu de la nature, des rizières sur fond de mangrove. c'est très agréable. Un petit pont, en fait de la terre et du sable mis en monticule, sans aucun doute immergé lors de la saison des pluies, nous permet de passer sur l'île de Wendaye.
A la fin de la rando, on arrive dans un lieu magique....Au bord de l'eau, un restaurant! Le cadre est enchanteur! De toute beauté, hyper calme. Pour l'apéro, je teste les huitres chaudes, sauvages, des mangroves. Toutes petites, le goût est différent des notres,moins fort et moins salé mais je n'apprécie pas. Le déjeuner est succulent et enfin diversifié. Longue pause très agréable ici.
On reprend la pirogue et on part à la recherche.....des crocodiles! On met le temps mais on en voit 5! Génial
Retour en voiture bien plus tard que prévu mais le chauffeur nous attend en dormant!
Une belle journée de nature, soleil....
Cap skiring & vol
21 Janv: Matinée tranquille avec l'idée de déjeuner au village avant d'aller à Cap Skiring. Seulement tout est fermé car ils attendent tous une inspection des services d'hygiène! Pas une seule cuisine ouverte!
Avec un petit pincement de quitter cet endroit que j'ai vraiment aimé, clando.
Je vais revoir l'artiste pour récupérer le tableau en patchwork qu'il m'a fait.
Je lui laisse mon sac pour un petit tour au marché artisanal et donc manger.
Mon vol Cap/Dakar a été modifié deux fois dont une sans même recevoir de mail! Je l'ai vu en voulant m'enregistrer en ligne! Et le 1er changement, il avait été avancé!
L'aéroport est tout petit, juste des sièges à l'extérieur. J'arrive, la salle est fermée et personne ne sait à quelle heure est le vol! Folklo et très vite galère!
J'ai un chauffeur qui m'attend à Dakar. Heureusement, un employé m'a donné le code wifi et je peux le tenir informé. Le gars m'attendra pendant....des heures!!!! Merci m'sieur!
L'avion fini par arriver, fait une escale non prévue en Gambie.
J'arrive à mon hébergement à Dakar à ....1h du matin. Pas la peine de préciser dans quel état...
AIr Afrique est clairement à fuir! La mauvaise réputation de cette compagnie est totalement justifiée. Plus jamais!
Dakar
22 Janv: Je commence par profiter de mon hébergement en visitant en profondeur les lieux. Hier entre l'heure et la journée harassante, je n'ai pas vu grand chose!
Je dors pour finir ce voyage dans une galerie d'art. Lieu totalement improbable, atypique et assez "ouf". C'est un petit labyrinthe. Au rez de chaussée, après un petit couloir, un 1er espace extérieur de restauration ou pour boire un verre. Restaurant assez cher mais j'y verrai pas mal de sénégalais. La cuisine est attenante. Plusieurs salles avec tableaux et sculptures contemporaines. Un autre espace extérieur avec oeuvres et piscine et il y a aussi une boutique d'une créatrice de mode. Je verrai au rez de chaussée, un concert de musique traditionnelle privé, un cours de yoga et donc des locaux venant de l'extérieur. Un immense escalier mène à 4 chambres. L'une d'elles est la mienne; grande,classe, sobre avec un lit de princesse. J'ai une salle de bain avec baignore, de l'eau trop chaude (si si!!), une pression incroyable. Quelqu'un passera chaque jour faire le lit! A cet étage une terrasse avec canapés.
Au dessus, le toit terrasse avec un bar et encore des oeuvres mais plus style street-art, des petits coins cosy avec fauteuils, canapés.
Je me rends compte en écrivant que ce lieu est indscriptible en fait! Incroyable et génial.
Le petit déjeuner est chouette:jus de bissap ou de bouye ( baobab), un bon croissant, pain,beurre (non congelé comme partout ailleurs!), confiture, coupelle de fruits, fromage blanc avec müesli, café ou thé.
Un peu patraque, je traine puis me dirige vers la pointe des Almadies. La 1ere partie de cette longue marche n'a pas d'interêt du aux voitures; je dois suivre une artère de grand trafic. Je finis par trouver un chemin parallèle plus agréable.
Petite pause dans une sorte de parc sabloneux longeant l'océan, où je discute avec un groupe d'hommes.
Petit à petit ,je vois de plus en plus de restaurants ou bars sympas, "cosy". Clairement, je suis dans un coin plus hupé de la capitale. Toujours pas en grande forme,je me fais une longue pause dans l'un d'entre eux. La terrasse de cet établissement surplombe la mer. Cadre top. Coca, omelette pour me requinquer.
Je vais jusqu'à la pointe. C'est assez sauvage. Rien de bien particulier mais calme et joli paysage. Agréable.
Arrêt dans un supermarché sur le chemin du retour.
Soirée à écrire et lire sur le toit de l'hôtel.
23 Janv: J'ai rendez-vous avec L&L, rencontrées sur le ferry. Elles m'ont contacté hier, me proposant de nous voir étant à Dakar, ça me fait plaisir.
On se retrouve sur place, au musée des civilisations et faisons la visite ensemble. Beau musée moderne mais vraiment aucun coup de coeur. Pas de thème précis hors l'Afrique, rien qui me passionne...
Nous allons ensuite dans l'enceinte du port pour trouver un distributeur. Ouf car pour moi, ça devenait urgent!
Place de l'Indépendance, grande place sans charme. Seule, la chambre du commerce est intéressante pour son architecture.
On découvre, proche de la place le marché Kermel. Juste devant la halle, pleins de table où on s'installe tous ensemble en fonction de ce que l'on veut manger ou boire. Chaque femme propose un plat. Local, pas cher et bien sympa. On y mange et boit un thé.
Comme mes routardes françaises sont en vélos, on se donne rendez-vous devant le palais présidentiel. Mais je me trompe de route; je suis bien au palais mais coté mer et hors un haut mur, je ne vois rien! Des policiers sympas me font un partage de connexion internet pour appeler les filles. Elles sont au bon endroit mais avec la garde présidentielle ne peuvent avancer et ne voient rien non plus. On aura essayer mais c'est sans surprise. On décide de rentrer, elles en vélos, moi en taxi.
24 Janv: Toujours à pied, direction le quartier de Yoff.
Anecdote: N'ayant pas internet, j'utilise Mapsme, appli équivalente à Google Map mais sans besoin de connexion. Très rapidement, celle-ci m'emmêne à l'enceinte de l'ancien aéroport. Bien sûr, celui-ci , abandonné, est clotûré. Persuadée que je me suis trompée, je demande. Et bien,non! On me dit: "oui oui c'est là. Passes sous les grillages"; Ah! bon.......ben......;go! Ne sachant trop où aller une fois sur le tarmac,je repère au loin une femme. Je la suis. Et je peux ressortir en passant de nouveau sous les grillages. Puis Mapme me remet sur le chhemin pour continuer.
De là, je traverse un quartier très impressionnant; Sur je ne sais quelle distance, il y a des dizaines d'immeubles en construction. Un quartier entier en chantier, c'est fou! Ils font sur place des briques en ciment à la main. Je les observe un moment. Il y a aussi des bidonvilles avec femmes et enfants. Les familles des ouvriers, je pense. Ouvriers illégaux venant de pays autres??....Sous un abri fait d'une bache plastique, à même le sol, des enfants assis avec des tablettes de bois. Je demande et le seul adulte avec eux me dit que c'est l'école coranique. Les gens que je croise doivent penser que je suis perdue; une femme toubab ici! Surprenant. A voir tout cela.
Je traverse la ville d'ouest en est et j'arrive au bord de l'océan atlantique.
Je suis dans le quartier de Yoff, je vais jusqu'à Tonghor-plage, le port. C'est populaire. La plage est dense, envahie par les pirogues et les pêcheurs. Je reste un moment à observer toute cette vie.
Je me pose à la plage du virage. Il y a un repère de surfeurs où je peux boire un verre et grignoter. Le lieu est très agréable, l'eau juste là et je peux y observer quelques sporifs. Je reste là un long moment.
J'ai beaucoup marché, je rentre en taxi.
En soirée, L&L me rejoignent à ma galerie pour visiter le lieu. On passe la soirée à boire un verre, discuter et bien rigoler. Chouette soirée
25 Janv: Pour ma dernière journée, un copain sénégalais me rejoint de bonne heure à mon hébergement. C'est top de finir ce voyage ainsi.
Nous prenons après la visite du lieu, un petit déjeuner en prenant tout notre temps.
On se fait déposer en voiture près de la plage de N'gor au nord de la ville et pas bien loin des Almadies. On traverse pour rejoindre la plage, un quartier calme et agréable que j'aime bien. A l'arrivée, on prend une pirogue pour une traversée de quelques minutes jusqu'à l'île de N'Gor. C'est très, trop rapide car la vue est sympa. Avant même la découverte des lieux, je suis très enthousiaste. Il y a ici une ambiance particulière, différente. L'île est petite, sans voiture ni moto, c'est un labyrinthe de ruelles. On y déambule longtemps au milieu de jolies maisons ( on ira voir celle de France Gall), de plantes, fleurs.Street art et artistes sont aussi présents ici. Pas de touristes, quelques sénégalais croisés. Pause dans boui-boui bar, seuls face à la mer. C'est vraiment un petit paradis. Echanges avec un artiste, vue des dfférentes plages...
On termine par un déjeuner les pieds dans l'eau au sens propre.
Cet endroit est totalement idyllique à Dakar. Gros, gros coup de coeur
On reprend une voiture pour le phare des Mamelles. Une navette gratuite nous monte à 126m au dessus du niveau de la mer, au pied du phare. Dommage, hors le chemin que la navette a emprunté, on ne peut pas marcher. Il y a juste l'accès à un restaurant. La vue sur la ville est grandiose. Rien que pour cela, le déplacement vaut la peine.
Je termine le voyage en faisant une petite folie...Nous buvons un cocktail à un tarif parisien. Mais quelle vue cette fois ur l'océan! Le lieu est classe et superbe.
Retour à la galerie à pied pour récupérer mon sac.
Un taxi puis un bus Demdick pour le trajet jusqu'à l'aéroport.
Petite narration de mon expérience dans un village du Siné Saloum au SENEGAL
Dés mon arrivée ce 22 janvier, me voilà témoin de ce qui m’avait déjà tant marqué de l’Afrique……..
La gentillesse……..On doit venir me chercher à l’aéroport et il n’y a personne. Et bien, un sénégalais d’une agence de voyage me passe de suite son portable. Et ainsi quelques minutes plus tard, le gars est là.
Gentillesse….le 25 janvier, de Djilor, village du Siné Saloum, je vais au village des cocotiers. On s’y arrête. je rencontre des femmes qui m’expliquent qu’ »elles se débrouillent » ( sic) en tentant un peu de commerce. Toutes très gentilles, papotage. Elles m’apprenent que les femmes aussi jouent de la musique. Et hop! En quelques instants, parce que j’ai dis que j’adorais le djembé, celui-ci est sorti. Accompagnées d’une grosse calebasse sur laquelle elles tapent, elles se mettent à chanter ( musique de fond de ce texte que vous pouvez écouter) un air avec mon prénom et à danser. C’est si naturel, si spontané, si gentil.Moment fort et pleins d’émotions. Cela m’émeut.Quelle chaleur humaine! Il faut le vivre pour le comprendre. Je leur achête un pot de confiture, elles m’offrent une babiole, je repars mais je resterais bien!
Gentillesse….Un après midi, je demande à T., qui me fait à manger lorsque les repas se passent à ma case, s’il y a un moyen de manger un poulet mafe.Le lendemain midi, il sera sur ma table!
Gentillesse….Au village, je sympathise avec une Isabelle, enceinte de 8 mois.Le dernier jour, je veux lui dire au revoir mais elle dort;Et bien, on la réveille,elle se lêve, me dit au revoir et m’offre un sachet de cacahuètes pour me remercier de mon amitié!
Gentillesse….T. s’éclipse au moment des adieux car…………..elle pleure………….
Gentillesse….Cet acceuil si particulier, si difficile à décrire que je retrouve en Afrique Noire. Cet acceuil si naturel, si simple que je me sens non seulement à l’aise mais bien avec ces gens.Cet acceuil si souriant,si plein d’amour que les adieux se font dans les larmes.Lien si fort………..gentillesse…………
Il fallait y penser! Au Sénégal, le change se fait dans les stations essence
Il fallait y penser! Un kilo de pain est en fait notre baguette!
Il fallait y penser! L’apéritif local:whisky coca mais le coca est en fait du bissap
Il fallait y penser! S’ils veulent du thé à la menthe et qu’il n’y a pas de menthe, ils mettent au fond du verre une pastille valda!
Il fallait y penser! Une débiterie est un vendeur de grillades.La boucherie est l’endroit où l’on tue l’animal et où l’on vend la viande crue.
L’Ile de Gorée , pour moi, un choc au débarquement du bateau qui m’y mêne. Une petite place de sable où des enfants soit jouent au foot soit tirent de l’eau du puit, le tout encerclé de maisons peintes rouges, roses, orangées,ocres et de bougainvilliers. Cela a un charme fou. J’ai un choc les 1eres minutes; je ne m’attendais pas, si près de la métropole Dakar, à tant de beauté, de scènes de vie, à être ainsi « plongée dans l’Afrique ».
La surprise passée, on voit bien que certaines maisons ont été restauré (L’île est classée par l’Unesco) et que d’autres sont délabrées. L’île est petite,1000 habitants. Je monte à son point culminant au milieu des vendeurs de dessins et peintures. Pas de harcèlement, juste des tentatives de vente. Là haut, jolie vue sur la mer au milieu d’un vent incroyable.
Puis visite de la maison des esclaves, ancienne esclaverie, rénovée qui laisse pensif.Gorée a été découverte par les portugais en 1444 mais les premiers à s’y installer furent les hollandais en 1627, suivis par les français de 1677 à 1960 . Le lieu servait d’entrepôt d’esclaves. Ceux-ci allaient principalement aux Antilles françaises. Il y eut ici 28 esclaveries jusqu’au 27 Avril 1848, date de la loi d’abolition de l’esclavage.
Le fort d’Estrée tente de ressembler à un musée d’histoire. Pas beaucoup d’interêt mais il a le mérite d’exister. Déambulation dans les ruelles, sur les petites places,témoin de tranches de vie.
Gorée est une île agréable qui m’a charmé. Je suis seule sans l’être tant les gens sont facilement abordables, sans être collants. L’idéal…
Quelques heures plus tard me voilà à la gare routière qui ressemble bien plus à un terrain vague plein de carcasses et de cambouis qu’à une gare! Aller à Djilor s’avêre un véritable parcours. Deux espèces de minibus dans un état de délabrement avancé, entassés. Au changement de bus, pause pipi chez des particuliers. Crasse et odeurs assurées, me voilà bien en Afrique!! Fin du parcours en négociant le véhicule d’un particulier. 5h10 pour 190 kms. Je suis vidée, crevée avec mal au crane!!!!
Le lendemain (24 Janvier), B. et moi allons à Fimela, pour faire quelques courses en….charette à cheval. Voilà une première qui ne me déplait pas. Fimela est un petit bourg avec quelques bouis-bouis et des femmes qui vendent 3 légumes et 2 poissons. Elles sont pleines de couleurs, très élégantes et souvent forts jolies. Il y a ici autant de charettes que de voitures. J’adore!
A Djilor, c’est jour de fête pour célébrer je ne sais quoi de Sainte Thérèse (l’église du village lui est dédiée). La messe est dite en sirene sur la place du village, l’église étant trop petite, avec un reliquaire, les ossements de la sainte, sorti pour l’occasion. Des musiciens et la chorale sont là. C’est rythmé et beaucoup moins protocolaire que chez nous. Dans le public, les tenues, les coiffures sont chatoyantes. Joli spectacle.
Long moment dans une famille. J’aide à la préparation d’un lapin. On me fait couper, piler condiments et épices au milieu de la cour commune de la concession. Cuisine typique sur feu de bois. Un « binz » pas possible dans cette cour, une hygiène très approximative, des tas de gens qui passent et repassent, une ribambelle d’enfants. Et une gentillesse toute africaine. Je cuisine, discute, observe, fais des photos. Avant de manger mon lapin, les femmes m’appellent pour partager un plat de poisson. Installées au milieu de la cour, autour du plat, à même le sol, on mange en faisant des boulettes avec la main droite. Je tente de faire pareil mais ma technique de boulettes aurait bien besoin d’amélioration!
Puisque j’en suis au culinaire, le proverbe du thé africain: le 1er est amer comme la mort, le 2eme doux comme la vie, le 3eme sucré comme l’amour….
Je découvre au Sénégal le café Touba, un café local mélangé à une épice mais je n’arriverais pas à savoir laquelle. Suivant la préparation, j’aime ou n’aime pas. Je goûte aussi au « pin de singe », fruit du baobab, qui sert de friandise. Assez fade, bof! Autre découverte, le bissap chaud. Pas mal. Lors de mon séjour, je mange toujours très tard par rapport aux horaires françaises. Beaucoup de riz, de poisson. Lorsque c’est de la viande, comme souvent dans ces pays, il y en a peu et elle est dure, pas bonne. Grosse utilisation des oignons. La cuisine est pimentée mais supportable. Beaucoup de thé qu’ils boivent très sucré. Lorsqu’il y a de la menthe, c’est une pastille valda au fond du verre. Surprenant et pas mauvais.
Je passe pas mal de temps à Djilor en déambulations et bavardages au village. J’y suis très vite à l’aise au vu de la gentillesse de tous. Tout le monde me cause, prend de mes nouvelles. Le village est moitié composé de petites maisons d’une pièce ou deux en dur et moitié de cases. Partout une cour centrale, lieu de vie. Aucune délimitation des maisons, pas de clôtures. La notion de « propriété privée », n’est pas arrivée jusqu’ici. Ils sont sirenes, ethnie sénégalaise et moitié catholiques moitié musulmans. Je m’y retrouve avec les prénoms. Djilor est situé au bord de la lagune, grand bras de mer dans les terres. Il n’y a que du sable. Les hommes sont pêcheurs, les femmes travaillent la terre et vendent leurs quelques produits.
Le lendemain, une ballade en calêche me fait découvrir les rogniers et toutes sortes d’oiseaux inconnus (il y en a pleins dans la région). Le sol est sec et aride mais il y a pas mal d’arbres verts. Plus tard, lors de mon passage à la concession de T. pour aller travailler aux « champs », une femme est là à vendre du poisson. Il y a pleins de femmes qui piaillent dans tous les sens. Elles parlent toutes ensemble en criant et en vacant à leurs occupations. Impressionant! En allant aux jardins, j’essaie de porter sur la tête mais sans succès! Ce qu’ils appelent les champs s’apparentent plus à nos potagers. Ils sont assez grands et ont tous un immense trou servant de puit. Ce qu’ils cultivent, là des oignons, ils le consomment et s’il en reste le vendent au village. Au retour, scêne de vie avec un moment passé avec les hommes qui réparent un filet de pêche….
Ce 26 janvier, je découvre le plus gros baobab du Sénégal. Il a 850 ans mais n’est pas le plus ancien et il fait 32 mêtres de circonférence. Les griots momifiaient leurs morts et les placaient dans le tronc de l’arbre car naturellement, après 500 ans de vie, celui ci se creuse. Les griots, qui ne travaillent pas la terre pensaient qu’enterrer les morts rendaient la terre infertile. Cette pratique a été interdite pour raison d’hygiene. Le fruit de cet arbre, appelé « pin de singe » parce que ces derniers en raffolent, sert de friandises. C’est assez insipide. Les racines peuvent faire 15 mêtres de long, ainsi aller chercher l’eau dont il a besoin.
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Avant Fadiouth, l’île aux coquillages, je traverse le « tam ». C’est une immense étendue déserte beaucoup trop salée pour y cultiver quoi que ce soit. Pour se ballader sur l’île de Fadiouth, accessible uniquement à pied, le guide est obligatoire. Le village, de l’ethnie Sirene, est de 800 âmes à 90% catholiques et 10% musulmans. Elle se situe dans une jeune mangrove. Au milieu de celle-ci, les greniers traditionnels, construits en dehors du village à cause des incendies et des rats. Malgré pas mal de mini étalages d’artisanat, on y voit la vie quotidienne. C’est joli, le guide est sympa et cultivé. Très agréable moment.
Ballade en pirogue. Elle est à moteur,grande et sommaire. La ballade est superbe au milieu des oiseaux. Il y en a des quantités, tous plus beaux les uns que les autres. Je reconnais des hérons, des pellicans mais la plupart me sont inconnus. Les bancs de sable donne un relief charmant à la lagune. On débarque, les pieds dans l’eau, au campement de Simla. Enchantement, coup de coeur….C’est magnifique, paradisiaque. Vert sur terre, bleu avec des tas d’oiseaux sur l’eau. Les pêcheurs partent en groupe en pirogue et pêchent au filet. Celui-ci est souvent déchiré par le bois dans l’eau et au retour des bateaux, l’activité est la réparation de cet instrument de travail. J’y assisterais à plusieurs reprises.
Dans une maison à Fimela, une jeune fille en coiffe une autre de tresses africaines. Elle attache des rajouts à des cheveux très courts et les tresse ensuite. Les rajouts sont synthétiques, les vrais existent mais sont chers. Les tresses sont gardées environ un mois et peuvent être lavées. Sans aucune coupure, il faut une journée pour faire une tête complète mais elle met plus de temps car ne fait pas cela toute la journée.
Nganade est appelé la « ville » mais est en fait un bourg légérement plus grand que Fimela. Toujours pas une boutique à l’occidentale. Un peu d’artisanat et des étalages de nourriture juste un peu plus nombreux qu’à Fimela.
Le soir, tour de Djilor pour dire au revoir. Moments intenses…………
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Le retour sur Dakar se fera seule en bus direct puis je passe ma dernière journée dans les marchés de la ville